Journal de bord

Iles Malouines – Cape Town 

C’était une longue traversée. Première semaine, conditions météorologiques idéales. Idéales pour entrer dans le rythme, après une année d’escale aux Malouines. Un nouveau rythme nous attend pour le prochain mois et demi: Trois heures, trois heures, trois heures. Trois heures Mélina, trois heures Sébastien, et trois heures pour Benjamin. Trois heures de boulot pour six heures de repos. Rythme confortable. Première semaine confortable, à faire du Nord, afin de s’arracher le plus rapidement possible aux latitudes pénibles.

Deuxième semaine. On a bien fait du Nord, à peine de l’Est, on se trouve autour du quarantième parallèle et le mauvais temps fait son apparition, des dépressions qui durent deux jours environ, suivies en général de deux jours plus calmes. Juste le temps de se sécher avant la prochaine dépression. Il paraît qu’elle est comme ça cette traversée, pas des plus confortables. Pour Dira ça ira, on peut dire que la chance est avec nous.Troisième semaine pourrie, deux dépressions, trois ou quatre knock-down, pas mal de temps à la cape sèche dans la grosse mer, dont une fois 68 heures, passées en majorité au fond des couchettes (deux couchettes pour trois) pour éviter de se blesser. Pas de grosse casse.

Ci-dessus: Après la cape sèche, le linge sèche.

Quatrième semaine de Mer, de vagues, d’oiseaux, une île apparaît à l’horizon. TERRE! Tristan da Cuhna. Trois petites îles, une seule habitée, et ces deux cent habitants, répartis en sept familles (!) sont parmi les gens qui vivent le plus loin de tout autre civilisation.  On y va que par bateau. Il n’y a pas vraiment de mouillage devant Tristan, mais le beau temps nous permet de mouiller, et Seb et Méline descendront à terre (en se cassant la gueule: le mal de terre) quelques heures pendant que je surveille le bateau. Incroyable endroit. Nous repartons avec quelques patates pour les mille-cinq-cent milles qui nous restent.

Dernière semaine sans mauvais temps, mais au travers, voire au près.  Les dernières heures de cette traversée se feront à la rame.  Ci-dessous, Mélina brandit très fièrement le parcours de la traversée.

 

 

Nous partons demain pour Madagascar, mais à deux. Sébastien est en train d’acheter un petit voilier en alu de neuf mètres qui s’appelle Carpe Diem.  Carpe Diem navigue depuis plusieurs années en Patagonie, et cette Patagonie (que je peine à oublier) formera Séb à merveille à son nouveau rôle de skipper. Dira, qui l’a eu à bord pendant plus de cinq-mille milles et un naufrage regrettera cet équipier au dynamisme aussi puissant que son estomac. Bon vent!

Ci-contre: Carpe Diem

Cape Town, le 15 avril 2012 

Sommes arrivés il y a une dizaine de jours à Cape Town, Afrique du Sud, après une traversée de 47 jours depuis les îles Malouines. Belle traversée. Malheureusement pas de photos tout de suite, il me faut déjà développer les négatifs! Le bateau nous demande encore passablement de travail, d’où le retard dans les images. On ne peut pas être partout à la fois. Mais bientôt nous vous présenterons sur ce site les images de cette dernière traversée. Ensuite nous partirons dans l’Océan Indien. Merci de rester fidèles.

On the road again 

En haut: Arrêt de quelques heures à Buenos pour faire cette image, le 11 janvier 2012

Ci-dessus: Rio Gallegos, vers l’entrée du Canal de Magellan,  Argentine, le 13 janvier 2012

Le processus, le 3 décembre 2011 

Cette image a été réalisée pour le vernissage du deuxième tome des Carnets de Mer. Ne figurant pas dans le livre, elle a été tirée à vingt exemplaires. Il était possible de l’acquérir dans un exemplaire du bouquin, pour 120 francs livre et gravure. Le vernissage est passé (si vous n’avez pas pu venir, découvrez un compte rendu original de cette soireé sur le blog de Pierre Ruffieux, dont voici le lien direct:

 

http://leblogdelacratopege.blog.24heures.ch/archive/2011/12/03/28009eb8cf358915b1de19eeee443561.html

 

…et il nous reste quelques exemplaires de cette série limitée. Merci de vous adresser par email (benjamin(at)carnets-de-mer.ch) si vous souhaitez commander un des derniers exemplaires.

Explication du processus. Ci-dessus, une photographie d’oiseaux pris à Kidney, aux Malouines. Ce n’est pas facile de faire la photo pour une gravure sur photographie, parce qu’il faut penser à la gravure dès la prise de vue. En gros il faut faire une image bonne mais incomplète, que ce soit sur le plan des valeurs ou de la composition. Nous travaillons à deux déjà sur le terrain. Mélina participe à la composition de la photo, et elle prend note de l’ambiance, afin de nous permettre de garder l’esprit de l’instant intact. Elle réalise ensuite une gravure, incomplète elle aussi, qu’elle devra imprimer directement sur un tirage de la photo. Pour cette image, elle a utilisé la technique de la manière noire, une technique où on « trame » la plaque de cuivre, avant de lisser cette trame pour obtenir les valeurs claires. Cette trame laisse une structure qui se mélange à merveille au grain de la pellicule.

 

Il y a également quelques unes de ces gravures sur photographie dans le nouveau Carnets de Mer. Vous remarquerez que l’une d’entre elles n’a pas été faite avec la manière noire, mais avec une gravure sur lino. Dans le cas du livre, nous n’avons pas imprimé la gravure sur un tirage de la photo. Nous avons préparé une plaque offset avec seulement la photo, et une autre plaque contenant une reproduction de la partie gravure. Ainsi on imprimait également une image par dessus l’autre, mais directement en imprimerie. Le processus reste mécaniquement le même. Pour le prochain Carnets de Mer, nous comptons bien nous diriger vers ce genre d’images. Elles nous permettront d’explorer d’autres horizons, c’est garanti!

Naissance, le 10 novembre 2011 

Une année de travail qui voit le jour, sur les presses de l’imprimerie Gasser, au Locle.

Tronches, octobre 2011 

Portraits de comédiens, à voir sur la rubrique « autres travaux » de ce site.

Gravures sur bois: Mélina Repond 

Une journée au Giron de jeunesse de la broye.

13 Graveurs sur les chemins de la Broye. Exposition collective du groupe des graveurs de l’atelier Trace-Ecart. Au château de Saint-Aubin, du 24 septembre au 16 octobre. Vernissage le 24 septembre dès 14h, présentation officielle dès 17h. Avec des gravures de Jacques Rime, Jacques Cesa, Vital Simonet, Mélina Repond, Flaviano Salzani, Diana Rachmuth, Danielle Elamari, Catherine Tissot, Nicole de Montmollin, Marie-Claude Gardel, Massimo Baroncelli, Yves-Alain Repond, Raymond Magnin.

L’arbre, le 14 septembre 2011 

Descente dans la forêt. Rencontre dans le brouillard.

Gros Bovatey, le 13 septembre 2011 

Histoire d’alpage, chez Romain et Linda. Belle histoire, d’ailleurs…

L’envol, mars 2011 

Sortie de l’eau de Dira, à Stanley, aux Malouines. On l’avait sortie pour une période d’un mois, mais finalement c’est presque une année qu’il va nous falloir pour la remettre à flots. Dans un espèce de terrain vague surréaliste, elle attend son équipage et son nouveau gouvernail.